Sans rêve, on devient un animal morne, un promeneur égaré.
Frédéric Beigbeder





















Un rayon de soleil s'infiltre par les zébrures de la fenètre formant un rideau de lumière sur le mur de ma chambre. Debout, j'observe ces lignes aux contours flous qui peut à peut se déplacent le long de ce mur pâle comme si leur passage le rendait plus gai, plus doux au regard. Une paresse étrange s'empare de moi, un moment paisible, mes pensées s'envolent et s'éparpillent. Un sourire apparait sur mon fragile visage. Dans cet état d'inconscience, je m'avance vers ma fenêtre et l'ouvre. La lumière éclatante s'empare de ma chambre, ravive les couleurs, les senteurs s'accrochent à mes narines qui frémissent de plaisir. Un frisson passe sur ma peau. Mon regard vague devient étincelant dilatant mes pupilles. Plusieurs portes claques, me faisant sortir de mes rêveries, le dortoir se réveille peu à peu. Le silence agréable se dissipe laissant place aux bruits heureux des gamins, aux pieds courants sur les graviers, aux rires enfantins, tous ces bruits ayant bercés mon enfance. Puis un bruit qui se dicerne de tous, le bruit rythmé des talons de la directrice. Rien qu'au bruit de ces pas on pourrait en deviner l'élégante personne portant ces talons, son tailleur toujours bien arrangé sans un faux plis, son visage droit et ses grands yeux bruns entourés d'une chevelure bouclée, lui donnant un air de demoiselle, c'est ainsi que je la surnomait dans mon enfance, la grande demoiselle arrive. Pendant que je repensais a ces souvenirs, je ne m'était pas apperçu de sa présence dans ma chambre. Elle me regardait de manière rieuse, comme si elle avait compris mes pensées.

- Bonjour madame. dis-je de manière génée, avec mon sourire habituelle me venant à chaque fois que je la croisais. Pour toute réponse, elle rigola ce qui accentua ma gène.
- June, tu as rendez-vous et tu ose encore rêver à ton âge, allez dépèche toi de t' habiller !
- Oui madame !
- Arrète de m'apeler madame, je m'apelle Rose et tu le sais.
- ...
Je n'aimais pas l'appeler Rose, tous les enfants l'appeler Rose. Moi je voulais qu'elle ai un petit souvenir de moi quand je serais partie, alors non, je ne l'apellerai pas Rose, et encore moins aujourd'huis, ce sera toujours la grande demoiselle, comme avant et qu'importe mon âge ! Elle finit par s'en aller me laissant le temps de m'habiller.
Dans le bureau, il y avait une senteur agréable, un mélange du parfum de Rose et de l'odeur du papier, pourtant je n'aimais guère y venir, il représentais pour moi l'entrée du pont menant à l'autre rive, une autre rive que je n'aimais pas. Cet endroit, contenait tous mes souvenirs, j'avais vu des amis partir, heureux, d'autres étaient arrivés avec cette déchirure au ventre et ce mutisme certain. Des rires, des pleurs, des jeux, des peurs, voilà ce que renfermaient ces murs, et aujourd'huis on voulait me retirer mon endroit secret. En réalité, Rose s'inquiétait de me voir, chaque jours de plus, dans cette chambre, elle ne voulait que mon bien, me répétant sans cesse que l'orphelinat n'était pas une maison, que jamais les bonheurs connus ici, ne pourraient égaler ceux de l'autre rive, j'avais finis par accepeter cette idée après onze ans, j'avais finis par accepter que ma vie ne se déroulerait pas entre ces murs. J'était donc rentrée dans ce bureau ce matin, remplie de doutes et de peurs mais avec l'espoir de traverser le pont avec d'agréables personnes - Peut être lorsque j'y repense j'aurais du m'enfuir, partir loin, mais le simple fait de me dire que jamais je n'aurais vécu cette histoire est comme une giffle montrant ma faiblesse, face à cette chose si étrange.

- Ha, enfin te voilà. » Rose se tourna vers ceux qui pourraient être mes parents adoptifs,
-Je te présente messieur et madame Russel, ils sont américains. Et voilà June, une jeune fille adorable et rêveuse.»
Je l'ai regardaient avec une telle intensité qu'ils auraient pu croire que je voyait leur âme. Alors ce seraient eux - je doutait que Rose n'attende encore avant de me laisser partir chez une famille, mais j'avais au moins la certitude qu'elle n'avait pas choisie la première famille venue.
Madame Russel attira particulièrement mon attention, elle était belle. Oui c'est comme cela qu'on aurait pu la décrire, elle portait un corset se prolongeant sur une longue jupe, de couleur pourpre. Une couleur qui contrastait avec sa peau pâle et ses cheveux noirs. L'homme à coté d'elle, paraissait tellement commun que je pris du temps à m'y interresser. Il était la représentation même de ces américains sans personnalité, le charme, le style mais l'indifférence. Il me paraissait beaucoup moins doux que cette jeune femme, et tout d'un coup ce couple me sembla faux, comme si l'amour entre deux personnages si opposés ne pouvait opérer. Rose continua ses éloges envers moi pendant un petit moment, puis elle sortit les formulaires d'adoption. Ne voyant aucune réaction de ma part, elle hocha la tête comme pour se convaincre elle-même qu'elle avait pris la bonne décision.




Note de l'auteur: Cette histoire commence. Le but est qu'elle se finisse :)

# Posté le dimanche 15 novembre 2009 07:58

Modifié le vendredi 04 décembre 2009 12:12

Les gouttes, les unes après les autres s'écrasaient joyeusement sur cette fenètre, puis tombaient dans une glisse infinie avant de mourir tristement dans la fente de la portière. Je regardais au travers de ce spectacle, s'éloignait mon paradis jusqu'a ce qu'il disparaisse derrière un énième arbre qui pleurait ses feuilles. La voiture m'emmenait loin d'ici, dans une nouvelle vie et cette pensée provoqua en moi un mélange épicé trop brut qui provoqua un enchainement de sensations que je ne compris que lorsque je vis s'embué cette fenètre et que je sentis à la commisure de mes lèvres une perle salé rajoutant un peu d'épices au mélange. Mes yeux se fermèrent dasn la volée et une ribambelle d'images virevoltèrent en dessous de mes paupières, des souvenirs tous plus beaux les uns que les autres. Doucement je rouvris les yeux et regarda droit devant moi. La voiture venait de s'arrêter devant un grand portail, Madame Russel se tourna timidement vers moi et avant même qu'elle ai pu prononcer un mot, j'étais sortie de la voiture et avait collé ma joue contre ce fer froid. Je voulais rentré maintenant, mes souvenirs seraient toujours là pour me bercer, ils ne fallait pas tous les épuisés dès aujourd'hui. C'était Rose qui m'avait appris cette phrase, et je ne l'avais jamais autant comprise. En me retournant je surpris un éclat au coin de l'oeil de Messieur Russel, peut être que cette vie là tout compte fait, aller m'offrir beaucoup de cadeaux incroyables. C'est une vie, ma vie et on en a qu'une. je poussai le portail en sautillant, comme une enfant, j'en était encore une après tout, du haut de mes seize ans, j'égalait toutes les petites filles de trois ans. Je m'arrêtait soudainement, découvrant l'immensité du jardin, le grand chêne, la balançoire, les arbres aux oiseaux..... La bouche béante, les yeux éclatants je me retournai encore une fois et regarda madame Russel avec le même regard que la petite fille qui vient de se faire offrir le palais de barbie avec tous les accessoires ou celui du petit garçon avec sa collection de voitures toute flambante neuf: des yeux émmerveillés et pleins d'étoiles. Comment Rose voulait-elle que je grandisse avec un paradis de petite fille à mes pieds ? Elle voulait mon bonheur, rien que ça, et Madame et messieur Russel étaient les personnes parfaites. Du moins c'est ce que je pensais, à cet instant précis.



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Deux mois s'étaient écoulés, deux mois durant lesquels chaque jour qui passaient, j'apprenais de nouvelles choses. Mon nouveau mode de vie était grandiose, je n'en doutait pas, tout était grand, tout était beau. Au fond de moi, la voix de Rose raisonnait et me permettait de ne plus penser au pensionnat. J'était d'une certaine façon heureuse.

- June ! Descend ! C'est ton premier jour d'école aujourd'hui.
- Oui j'arrive ! répondis-je d'un ton qui cachait beaucoup de choses.

Les premières neiges étaient tombées, cette blancheur éclatante recouvrant la ville reflétait de manière époustouflante les rayons. Tellement absorbée par ce phénomène de réfléchissance, j'en oubliais le froid hivernal. Il fallait se donner du courage. Moi, June Russel, 16 ans, j'allais pour la première fois être mêlée à des gens d'autres lieux, des gens différents. J'allais découvrir l'univers du lycée. Lorsque cette pensée traversa mon esprit, involontairement, me sentant plus lègère, je me mis à gambader, sautillant sur la neige laissant des traces de pas qui s'éfaceraient aux prochaines chuttes. Cette légèreté me semblait étrange, pour un premier jour d'école, on m'avait toujours dis que je ressentirais un poids, une lourdeur du à la peur et au stress. Il n'en était rien. Du moins pas avant que je tourne cet angle de rue, ensuite ce fut une autre histoire. Devant le lycée s'étalaient par centaine des personnes, se bousculant. Une gigantesque masse mouvante d'où s'échappait un brouhaha imcompréhensible. Surprise, tremblante de peur, subjuguée... je ne saurais réellement décrire la tonne d'émotions qui me traversa à ce moment, mais aucunes d'entres elles n'étaient rassurante. Je n'avais aucuns repères, aucunes connaissances, juste mes pieds pour avancer et mes yeux pour trouver ma salle, et puis si elle n'était pas encore assasiné par ma peur, peut être aurais-je ma langue pour me présenter. Une main tapota mon épaule, prise de panique je me retournai, les yeux écarquillés, mauvaise réaction, la jeune fille éclata de rire et son groupe suivi le geste. Ils me bousculèrent et continuèrent leur chemin. Impossible que je tienne une seconde de plus dans ces conditions. Je me hurlai des ordres à moi même, j'était partagé entre la raison et la folie. Complètement perdue.
Relevant la tête, je vis ses yeux. Ses yeux qui me regardaient comme si j'était un animal, une proie, sa proie. Ils s'avançèrent vers moi. Je ne savais pas encore qui était cette personne en ces lieux, mais quelque chose me dit, que ce devait être le lion dans une savane, ce lieu avait tout d'une savane. Allure droite, je n'avais pas de mots pour définir son air, je savais qu'il devait bien en exister, mais je ne les connaissais pas, on ne me les avaient pas appris à l'orphelinat. Il était serein et en même temps il inspirait à l'ordre. Tout autour de moi, la foule se dissipa, et elle finit par s'arrêter devant moi. J'aurais pu penser à la directrice du lycée en personne si elle n'avait pas était aussi jeune. Elle me fixa durant plusieurs instants, autour des murmures se faisaient entendre mais je ne savais ce qu'il s'y disais. Le silence se fit soudain lorsqu'elle prit la parole.

- Comment tu t'apelle ?
j'eus juste le temps de prendre une inspiration que d'autres questions fusées et qu'elle répondait elle même à certaine, souvent par des réponses fausses.
- Moi c'est Emma. Quelle âge as tu ? certes tu as notre âge, mais on t'en donnera beaucoup moins. D'où vient tu ? Des bruits court que tu n'est même pas américaine. Et pourtant les Russel t'on acceuillis. Ces Russel ... frêle, belle.... Tu finiras comme les autres. Un sourire pleins de venin, de gentillesse, et de peine s'était formé sur son visage. Je n'avais pas besoin de sortir d'un prestigieux endroit pour comprendre que ces Russel n'étaient pas apprécier, mais j'aurais du pour comprendre en quoi.
- Ce sont des personnes très gentilles, Madame les a choisi car elle savait qu'ils me rendraient heureuse. Leur maison est magn..
Je n'eu le temps de finir que Emma fit deux pas et la gifle vint briser mon rêve. Violente, elle me brisa. Tout autour les murmures s'étaient élevés. Je me sentais de trop. Et le pire n'était pas cette sensation, le pire était de n'avoir rien sur quoi me retenir dans cette chute, rien m'expliquant le dégout d' Emma envers ma nouvelle famille. Je n'avais rien et je n'était rien. Plus personnes ne m'adressa la parole de toute la journée. J'était devenu le centre de toutes les attentions, le centre d'une haine décuplée par mon arrivée.

Mes joues n'étaient plus que le lit d'un torrent lorsque le soir le bus scolaire me ramena chez moi. je ne pensais qu'a une seule chose, et cette chose était bien pire que tout ce qui m'était arrivé aujourd'hui et ce qui allait suivre: Rose m'avait laché dans une cage remplie de serpent venineux, Rose s'était trompé, Rose m'avait menti. Rose...Rose...Rose.....Je hurlai ce prénom que je ne pouvais détester, elle ne voulait qu'une chose: Que j'aprenne et que je grandise en apprenant. Elle avait choisie une manière trop brutale. Une enfance griffée soudainement par la réalité trop vive.
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# Posté le samedi 21 novembre 2009 13:44

Modifié le samedi 19 décembre 2009 15:55