Un rayon de soleil s'infiltre par les zébrures de la fenètre formant un rideau de lumière sur le mur de ma chambre. Debout, j'observe ces lignes aux contours flous qui peut à peut se déplacent le long de ce mur pâle comme si leur passage le rendait plus gai, plus doux au regard. Une paresse étrange s'empare de moi, un moment paisible, mes pensées s'envolent et s'éparpillent. Un sourire apparait sur mon fragile visage. Dans cet état d'inconscience, je m'avance vers ma fenêtre et l'ouvre. La lumière éclatante s'empare de ma chambre, ravive les couleurs, les senteurs s'accrochent à mes narines qui frémissent de plaisir. Un frisson passe sur ma peau. Mon regard vague devient étincelant dilatant mes pupilles. Plusieurs portes claques, me faisant sortir de mes rêveries, le dortoir se réveille peu à peu. Le silence agréable se dissipe laissant place aux bruits heureux des gamins, aux pieds courants sur les graviers, aux rires enfantins, tous ces bruits ayant bercés mon enfance. Puis un bruit qui se dicerne de tous, le bruit rythmé des talons de la directrice. Rien qu'au bruit de ces pas on pourrait en deviner l'élégante personne portant ces talons, son tailleur toujours bien arrangé sans un faux plis, son visage droit et ses grands yeux bruns entourés d'une chevelure bouclée, lui donnant un air de demoiselle, c'est ainsi que je la surnomait dans mon enfance, la grande demoiselle arrive. Pendant que je repensais a ces souvenirs, je ne m'était pas apperçu de sa présence dans ma chambre. Elle me regardait de manière rieuse, comme si elle avait compris mes pensées.
- Bonjour madame. dis-je de manière génée, avec mon sourire habituelle me venant à chaque fois que je la croisais. Pour toute réponse, elle rigola ce qui accentua ma gène.
- June, tu as rendez-vous et tu ose encore rêver à ton âge, allez dépèche toi de t' habiller !
- Oui madame !
- Arrète de m'apeler madame, je m'apelle Rose et tu le sais.
- ...
Je n'aimais pas l'appeler Rose, tous les enfants l'appeler Rose. Moi je voulais qu'elle ai un petit souvenir de moi quand je serais partie, alors non, je ne l'apellerai pas Rose, et encore moins aujourd'huis, ce sera toujours la grande demoiselle, comme avant et qu'importe mon âge ! Elle finit par s'en aller me laissant le temps de m'habiller.
Dans le bureau, il y avait une senteur agréable, un mélange du parfum de Rose et de l'odeur du papier, pourtant je n'aimais guère y venir, il représentais pour moi l'entrée du pont menant à l'autre rive, une autre rive que je n'aimais pas. Cet endroit, contenait tous mes souvenirs, j'avais vu des amis partir, heureux, d'autres étaient arrivés avec cette déchirure au ventre et ce mutisme certain. Des rires, des pleurs, des jeux, des peurs, voilà ce que renfermaient ces murs, et aujourd'huis on voulait me retirer mon endroit secret. En réalité, Rose s'inquiétait de me voir, chaque jours de plus, dans cette chambre, elle ne voulait que mon bien, me répétant sans cesse que l'orphelinat n'était pas une maison, que jamais les bonheurs connus ici, ne pourraient égaler ceux de l'autre rive, j'avais finis par accepeter cette idée après onze ans, j'avais finis par accepter que ma vie ne se déroulerait pas entre ces murs. J'était donc rentrée dans ce bureau ce matin, remplie de doutes et de peurs mais avec l'espoir de traverser le pont avec d'agréables personnes - Peut être lorsque j'y repense j'aurais du m'enfuir, partir loin, mais le simple fait de me dire que jamais je n'aurais vécu cette histoire est comme une giffle montrant ma faiblesse, face à cette chose si étrange.
- Ha, enfin te voilà. » Rose se tourna vers ceux qui pourraient être mes parents adoptifs,
-Je te présente messieur et madame Russel, ils sont américains. Et voilà June, une jeune fille adorable et rêveuse.»
Je l'ai regardaient avec une telle intensité qu'ils auraient pu croire que je voyait leur âme. Alors ce seraient eux - je doutait que Rose n'attende encore avant de me laisser partir chez une famille, mais j'avais au moins la certitude qu'elle n'avait pas choisie la première famille venue.
Madame Russel attira particulièrement mon attention, elle était belle. Oui c'est comme cela qu'on aurait pu la décrire, elle portait un corset se prolongeant sur une longue jupe, de couleur pourpre. Une couleur qui contrastait avec sa peau pâle et ses cheveux noirs. L'homme à coté d'elle, paraissait tellement commun que je pris du temps à m'y interresser. Il était la représentation même de ces américains sans personnalité, le charme, le style mais l'indifférence. Il me paraissait beaucoup moins doux que cette jeune femme, et tout d'un coup ce couple me sembla faux, comme si l'amour entre deux personnages si opposés ne pouvait opérer. Rose continua ses éloges envers moi pendant un petit moment, puis elle sortit les formulaires d'adoption. Ne voyant aucune réaction de ma part, elle hocha la tête comme pour se convaincre elle-même qu'elle avait pris la bonne décision.
Note de l'auteur: Cette histoire commence. Le but est qu'elle se finisse :)
